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Fin de l'appâtage permanent : ce qui change pour les entrepôts

La ligne de postes appâtés en continu le long d'un mur, entretenue à l'identique depuis des années, n'est plus un dispositif conforme. Voici ce que disent réellement les textes, et par quoi la remplacer.

Précisons d'abord ce que ce n'est pas : il n'existe pas de « loi 2026 » interdisant l'appâtage permanent. Ce sont les conditions d'emploi figurant dans les autorisations de mise sur le marché délivrées par l'ANSES qui ont évolué. Elles s'imposent à l'utilisateur professionnel exactement comme un texte réglementaire, et elles sont vérifiables sur la décision d'AMM de chaque produit.

Fin de l'appâtage permanent en entrepôt : ce qui n'est plus admis, ce qui le remplace, et les quatre conditions d'emploi des AMM rodenticides — infographie Serenitex
Ce qui change réellement, et par quoi remplacer le dispositif. Ce ne sont pas les textes réglementaires qui ont bougé, mais les conditions d'emploi des autorisations de mise sur le marché délivrées par l'ANSES.

La mention qui change tout

Conditions d'emploi · AMM rodenticides anticoagulants
« Ne pas utiliser le produit en guise d'appât permanent pour éviter l'invasion de rongeurs ou surveiller les activités des rongeurs. »

La phrase vise précisément l'usage le plus répandu en logistique : poser des postes appâtés en permanence, non pas pour traiter une infestation, mais pour la prévenir ou la détecter. C'est cet usage-là qui n'est plus admis.

Les autres conditions à connaître

Condition Ce qu'elle impose sur site
Réévaluation à 35 jours Si les appâts continuent d'être consommés après 35 jours de traitement, le statut de l'infestation doit être réévalué. Les produits ne doivent pas être utilisés au-delà sans cette évaluation.
Retrait en fin de campagne Tout produit restant doit être retiré au terme de la période de traitement — ce qui suppose de tracer ce qui a été posé, où, et ce qui a été repris.
Fréquence d'inspection Tous les 2 à 3 jours pour les souris, 5 à 7 jours pour les rats après le début du traitement, puis au moins une fois par semaine.
Utilisateurs formés Usage réservé aux professionnels formés. Le Certibiocide catégorie « nuisibles » couvre les TP14, TP18 et TP20, représente 21 heures de formation, vaut cinq ans, et est délivré à une personne physique — jamais à une entreprise.

Une consommation qui dure n'est pas un succès

C'est le contresens le plus fréquent. Des appâts consommés en continu pendant des mois ne prouvent pas que le dispositif fonctionne : ils signalent une source alimentaire non identifiée, un point d'entrée non traité, ou une erreur d'espèce. La règle des 35 jours transforme ce signal en obligation de rediagnostic.

Par quoi remplacer le dispositif permanent

La réponse tient en deux briques, et c'est ce que demanderont vos auditeurs :

Un dispositif de surveillance permanent, non toxique. Indicateurs de consommation non rodenticides, pièges mécaniques, plaques de détection, relevés d'indices. Il reste en place toute l'année, il est numéroté, et il déclenche l'alerte.

Des campagnes de traitement bornées. Déclenchées sur constat, avec une date de début et une date de fin, un rythme d'inspection conforme, une réévaluation à 35 jours et un retrait tracé des appâts. Ce n'est pas moins protecteur — c'est plus lisible, et c'est défendable en audit.

Rat et souris : deux logiques opposées

C'est l'erreur la plus coûteuse en entrepôt, parce qu'elle se compte en mois sur un site de plusieurs milliers de mètres carrés.

La souris : un problème de densité

Son domaine vital est minuscule — elle s'éloigne rarement de plus d'une dizaine de mètres de son nid. Elle ne fait pas un repas : elle grignote, de l'ordre de 200 micro-prises par nuit. Elle passe sous un jour de 6 mm et par une ouverture de 9,5 mm. Elle ne traversera jamais un entrepôt pour rejoindre un poste : ce qui compte est le maillage, de l'ordre de trois mètres en zone active.

Le rat : un problème de patience

Il est néophobe : il évite souvent pièges et appâts pendant les premiers jours, parfois plusieurs semaines, et mémorise en permanence ses pistes. Son domaine d'action va de 30 à 150 mètres. Un prestataire qui repasse à 72 heures, constate zéro consommation et conclut « pas de rats » se trompe de méthode. Et sur lui, l'exclusion — le rebouchage — reste la stratégie la plus efficace et la plus durable, devant tout appât.

Les quatre points d'entrée d'un bâtiment logistique

Les quais. Le point d'entrée numéro un : niveleurs, joints de porte usés, rideaux relevés en continu l'été. Un quai ouvert huit heures par jour est une porte ouverte huit heures par jour, et aucun appât ne compense cela. Le diagnostic commence par la mesure du jour sous porte.

Technicien Serenitex en EPI posant un poste de surveillance numéroté lors d'une campagne de dératisation tracée
Pose d'un point de surveillance numéroté. Chaque point est repéré au plan, relevé à date, et rattaché soit au dispositif permanent non toxique, soit à une campagne bornée avec date de fin et retrait tracé.

Le rack, pas le sol. Les rongeurs circulent en hauteur, dans les lisses, les palettes filmées et les cartons. Une inspection au sol ne voit rien d'une infestation installée en niveau 3.

Les abords. Végétation contre le bardage, bennes contre le mur, palettes stockées dehors, talus. La pression vient du périmètre : un plan qui s'arrête au mur extérieur traite les conséquences, jamais la cause.

Les gaines et vides techniques. Passages de câbles, faux plafonds des bureaux attenants, locaux techniques. C'est le réseau qui explique pourquoi une infestation d'entrepôt finit par se voir en salle de pause.

Le cas particulier des mites alimentaires

Elles n'arrivent pas par l'extérieur : elles entrent par la livraison, dans un lot déjà infesté. Le piège à phéromone ne capture que les mâles — c'est un outil de détection et de localisation, pas d'éradication. Un piège qui se remplit ne signifie pas que le traitement fonctionne, mais qu'une population continue de pondre. La seule action décisive est l'identification et la mise au rebut du lot source, plus le contrôle à réception.

Questions fréquentes

Non, pas sous sa forme classique. Les conditions d'emploi figurant dans les autorisations de mise sur le marché délivrées par l'ANSES portent la mention de ne pas utiliser le produit en guise d'appât permanent pour éviter l'invasion de rongeurs ou surveiller leur activité. Ce n'est pas une loi, ce sont les conditions d'emploi des produits, et elles s'imposent à l'utilisateur professionnel. Le dispositif doit devenir une surveillance non toxique déclenchant des campagnes bornées.

Les conditions d'emploi imposent une réévaluation du statut de l'infestation au-delà de 35 jours de traitement, et les produits ne doivent pas être utilisés plus longtemps sans cette évaluation. Une consommation qui persiste n'est pas le signe que le traitement fonctionne : c'est le signal qu'il faut revoir le diagnostic — source alimentaire non identifiée, point d'entrée non traité, ou erreur d'espèce.

Par un dispositif de surveillance permanent et non toxique — indicateurs de consommation, pièges mécaniques, plaques de détection — numéroté et reporté sur un plan de site, qui déclenche des campagnes de traitement datées et bornées. C'est plus lisible en audit qu'une ligne de postes appâtés en continu, et c'est ce qu'un auditeur cherche désormais.

Parce que leurs comportements sont opposés. La souris a un domaine vital très réduit, ne s'éloigne guère d'une dizaine de mètres de son nid et grignote environ 200 micro-prises par nuit : ce qui compte est la densité de points, de l'ordre de trois mètres en zone active. Le rat est néophobe, évite souvent pièges et appâts pendant plusieurs jours ou semaines, et son domaine d'action va de 30 à 150 mètres. Sur lui, l'exclusion prime sur l'appât.

Oui. Une souris passe sous un jour d'environ 6 mm et par une ouverture d'environ 9,5 mm. C'est pourquoi un audit sérieux commence par la mesure des jours sous portes, des joints de niveleurs et des passages de réseaux, avant même de parler de postes.

Un plan de site coté avec chaque point de contrôle numéroté, distinguant surveillance et traitement ; un registre de suivi par point ; des rapports datés et signés mentionnant les produits avec leur numéro d'AMM, la substance active, les dosages, la méthode et l'opérateur avec son numéro de Certibiocide ; et les fiches de données de sécurité. L'historique doit être exploitable en l'état, sans reconstitution.

À la personne physique, jamais à l'entreprise. Le certificat de la catégorie nuisibles couvre les types de produits TP14, TP18 et TP20, correspond à 21 heures de formation et vaut cinq ans. Quand vous demandez un devis, demandez le numéro de l'opérateur qui interviendra, pas seulement une mention d'entreprise certifiée.

D'abord en identifiant le lot source : ces ravageurs entrent dans un conditionnement déjà infesté, à la livraison. Le piège à phéromone n'attire que les mâles — c'est un outil de détection, pas d'éradication : un piège qui se remplit signale une population qui continue de pondre. Les insecticides ne sont pas la réponse ; la mise au rebut du lot contaminé et le contrôle à réception le sont.

Pour aller plus loin

Le détail de notre méthode — audit de site, plan coté, préconisations d'exclusion chiffrées à part, campagnes bornées et registre d'audit — est sur notre page dératisation d'entrepôt et de plateforme logistique. Pour les sites agroalimentaires avec production, voir aussi désinsectisation en cuisine professionnelle.

Sources principales : décisions d'autorisation de mise sur le marché ANSES pour les rodenticides anticoagulants ; arrêté du 9 octobre 2013 modifié relatif au Certibiocide ; notice explicative Certibiocide, ministère de la Transition écologique ; référentiels entomologiques UC IPM (University of California) sur les rongeurs et les ravageurs des denrées stockées.

Votre dispositif est-il encore conforme ?

Audit de site gratuit · Plan coté et registre · Campagnes bornées

Certibiocide N°070749·Var · 06 · 13·Hors production
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