Frelon asiatique · Plan national · Var

Frelon asiatique : fin septembre, la saison ne fait que basculer

Beaucoup de gens pensent que c'est fini. C'est le contraire : la colonie atteint son maximum au début de l'automne, et c'est maintenant qu'elle fabrique les fondatrices de l'année prochaine. Le plan national de lutte, lui, a été publié au Journal officiel il y a neuf jours.

Plan national publié le 16 septembre 2026 58 signalements dans le Var en 2026 Certibiocide N°070749
Antoni Beaudon Gérant et applicateur certifié · Certibiocide N°070749 Publié le 27 septembre 2026

« On va attendre l'hiver, ça va mourir tout seul. » Nous entendons cette phrase chaque année à partir de la mi-septembre, et elle est à moitié vraie : oui, la colonie mourra. Mais avant de mourir, elle libère plusieurs centaines de futures reines. Ce qui se joue en octobre, ce n'est pas la fin de cette colonie — c'est le nombre de nids que vous aurez autour de chez vous au printemps.

Nid sphérique de frelon asiatique suspendu à une branche de chêne, vu depuis le sol à travers le feuillage, ciel bleu
Nid de frelon asiatique dans un chêne : la sphère à entrée latérale, souvent découverte à la chute des feuilles.

L'actualité : un plan national depuis le 16 septembre

C'est le fait marquant de cette rentrée. L'arrêté interministériel portant adoption du plan national de lutte contre le frelon à pattes jaunes a été publié au Journal officiel le 16 septembre 2026, aboutissant une construction juridique commencée dix-huit mois plus tôt.

LOI n° 2025-237 du 14 mars 2025
Loi visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole.

Entrée en vigueur le 15 mars 2025. Elle crée l'article L. 411-9-1 du code de l'environnement, qui fonde un plan national et des plans départementaux de lutte, et prévoit un dispositif d'indemnisation pour les apiculteurs.

Décret n° 2025-1377 du 29 décembre 2025
Décret précisant les modalités d'adoption du plan national et des plans départementaux de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes.

Publié au Journal officiel n° 305 du 30 décembre 2025. Le plan national est adopté par arrêté conjoint des ministres chargés de l'environnement et de l'agriculture, après avis du Conseil national de la protection de la nature et du Conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale. Les plans départementaux, pris par arrêté préfectoral, doivent être mis à jour « au plus tard six mois après l'adoption de l'arrêté portant modification du plan national ».

Le plan lui-même s'organise autour de trois axes : recherche et communication, organisation de la lutte, et gouvernance. Il classe les départements en quatre niveaux de pression — de la densité nulle ou très faible à la densité forte — parce que l'État reconnaît explicitement qu'une éradication totale n'est plus atteignable et adapte donc l'action à la situation locale. Le financement annoncé est de 3 millions d'euros pour 2026, dont 100 000 € pour la coordination nationale. Le projet de plan avait fait l'objet d'une consultation publique du 8 au 29 avril 2026.

Ce que cela ne change pas dans l'immédiat

Les plans départementaux disposent de six mois pour être adoptés, soit une échéance autour de mars 2027. D'ici là, l'organisation reste celle que vous connaissez dans le Var : signalement, puis destruction à la charge du propriétaire pour un nid en domaine privé. Ne vous attendez donc pas à une prise en charge publique de la destruction chez vous cet automne.

Le calendrier réel de la colonie

Les données du Muséum national d'histoire naturelle, qui pilote le portail de signalement de l'espèce, donnent le cycle sans ambiguïté.

Période Ce qui se passe
Mars à juin Chaque reine fondatrice ébauche un nid primaire, de la taille d'une orange, et pond ses premiers œufs
Mai Émergence des premières ouvrières, de 14 à 16 mm
Courant août Environ 70 % des colonies déménagent vers un nid secondaire, souvent à plus de 10 m de hauteur
Début d'automne Le nid atteint sa taille maximale : près de 2 000 ouvrières, plus de 13 000 individus produits sur la saison
Début d'automne Production des sexués : au moins 500 futures fondatrices, « probablement plus d'un millier », et autant de mâles
Octobre-novembre Les femelles reproductrices quittent le nid pour s'accoupler, puis cherchent un abri d'hivernage
À partir de décembre Le nid se vide. Il ne sera jamais réhabité

Retenez la ligne du milieu : le maximum de population, c'est maintenant. Et la ligne suivante : les futures fondatrices partent en octobre et novembre. Voilà pourquoi fin septembre n'est pas la fin de la saison, mais son moment le plus utile.

Infographie Serenitex : cycle annuel du frelon asiatique, plan national de lutte de septembre 2026, signalements dans le Var et fenêtre utile de destruction
Le cycle de la colonie, le cadre juridique de 2026 et les chiffres varois : ce qui détermine la fenêtre d'intervention.

Dans le Var, 2026 n'a rien à voir avec 2025

Les chiffres de la plateforme lefrelon.com, vers laquelle renvoie la préfecture du Var, sont parlants. Au 25 septembre 2026, la saison varoise compte 58 signalements, dont 42 nids confirmés et 21 neutralisés, depuis le 8 février. La comparaison est brutale : 3 signalements en 2025, 4 en 2024. Sur le département, 548 frelons ont été capturés sur 30 pièges suivis.

Un avertissement de méthode : une hausse des signalements mesure aussi une hausse de la vigilance et de la notoriété de la plateforme, pas seulement de la population. Ce qu'on peut dire honnêtement, c'est que l'espèce est bien présente dans le département et qu'elle y est désormais recherchée — même prudence que dans notre article de rentrée sur ce que dit la saison 2026 dans le Var.

Côté institutionnel, la position de la préfecture du Var est claire depuis le printemps : « son éradication n'est plus considérée comme envisageable avec les moyens actuels ». L'objectif est la limitation des dégâts, pas l'élimination. Les chiffres qui justifient l'effort sont ceux du régime alimentaire : 85 % d'abeilles, de guêpes et de mouches, dont environ 40 % d'abeilles domestiques, avec des pertes pouvant atteindre 30 % des colonies d'un rucher.

Pourquoi détruire un nid en octobre a encore du sens

Raison 1

Le stock de fondatrices est encore dedans

C'est l'argument décisif. Un nid détruit début octobre est un nid dont les futures reines n'ont pas toutes essaimé. Les guides des groupements de défense sanitaire le formulent simplement : intervenir « avant que les futures reines n'en partent ». Chaque colonie en produit au moins 500, probablement plus d'un millier.

Raison 2

La colonie est à son pic d'agressivité de défense

Avec près de 2 000 ouvrières et un investissement reproductif maximal, la défense du nid est à son plus haut. Un nid découvert en octobre dans une haie ou un abri de jardin représente un risque immédiat pour qui s'en approche au taille-haie.

Raison 3

Les nids deviennent enfin visibles

Sept nids secondaires sur dix sont installés en hauteur, dans le feuillage. Ils sont invisibles tout l'été et apparaissent avec la chute des feuilles. Beaucoup de nids découverts en octobre sont là depuis août.

La limite

À partir de décembre, c'est inutile

Les documents de référence sont explicites : « à partir de décembre le nid se vide de ses occupants, il ne sera pas recolonisé, sa destruction ne présentera aucun intérêt ». Un vieux nid vu accroché dans un arbre en janvier n'est pas un danger et ne se réutilisera pas. Ne payez pas pour le faire retirer au titre de la lutte : seule la chute d'un nid lourd sur un lieu de passage peut justifier une intervention.

La fenêtre utile est donc étroite, et elle est ouverte maintenant : de fin septembre à novembre, avec un intérêt qui décroît à mesure que les fondatrices s'égaillent.

Signaler, puis faire intervenir

Dans le Var, le signalement passe par la plateforme dédiée vers laquelle renvoie la préfecture, lefrelon.com, qui alimente le suivi départemental. Le frelon à pattes jaunes est par ailleurs classé danger sanitaire de deuxième catégorie depuis décembre 2012, et figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne ainsi que sur la liste nationale fixée par l'arrêté du 14 février 2018.

Concrètement, la destruction d'un nid sur une propriété privée reste à la charge du propriétaire, et elle relève d'un professionnel. Deux raisons : la hauteur, puisque la majorité des nids secondaires sont à plus de dix mètres, et le produit, puisqu'un insecticide employé sur un nid de cette taille relève de l'usage professionnel encadré. Nos interventions en hauteur sont détaillées sur notre page interventions en hauteur et zones inaccessibles, le protocole général sur destruction de nids de guêpes et frelons, et notre couverture départementale sur désinsectisation dans le Var.

Ce que nous refusons de faire

Nous ne posons pas de pièges à frelons non sélectifs en automne dans un jardin. Ces pièges capturent massivement d'autres insectes, y compris des pollinisateurs et des guêpes indigènes, pour un effet très limité sur une colonie déjà installée. Sur un nid identifié, la destruction ciblée fait le travail ; le piégeage de masse au jardin, non.

Pour les apiculteurs, l'enjeu est de protéger le rucher pendant la période de prédation maximale, qui est précisément celle-ci. Même logique dans les établissements accueillant du public ou des animaux : voir nids de guêpes et de frelons en écurie. Pour la vision d'ensemble de la saison, notre article de printemps sur la prévention guêpes et frelons avant l'été reste le bon point de départ.

Questions fréquentes

Non, c'est l'inverse. Selon le Muséum national d'histoire naturelle, la taille du nid atteint son maximum au début de l'automne, avec près de 2 000 ouvrières, et c'est à ce moment que la colonie produit ses sexués. Les femelles reproductrices ne quittent le nid qu'en octobre et novembre. Fin septembre est donc le pic, pas la fin.

L'arrêté interministériel portant adoption du plan national de lutte contre le frelon à pattes jaunes a été publié au Journal officiel le 16 septembre 2026. Il s'articule en trois axes — recherche et communication, organisation de la lutte, gouvernance — classe les départements en quatre niveaux de pression et prévoit 3 millions d'euros pour 2026. Les plans départementaux doivent suivre sous six mois.

Tant que les futures reines n'ont pas quitté le nid, donc jusqu'en novembre selon les régions. À partir de décembre, le nid se vide de ses occupants, il ne sera pas recolonisé et sa destruction ne présente plus d'intérêt sanitaire. Un nid resté accroché dans un arbre l'hiver suivant ne se réutilise jamais.

Au 25 septembre 2026, la plateforme lefrelon.com comptait 58 signalements dans le Var pour la saison, dont 42 nids confirmés et 21 neutralisés, contre 3 signalements en 2025 et 4 en 2024. Une part de cette hausse reflète l'augmentation de la vigilance et de la notoriété du dispositif de signalement, pas uniquement la population.

Pour un nid situé sur une propriété privée, la destruction reste à la charge du propriétaire. Les plans départementaux prévus par le décret du 29 décembre 2025 doivent être adoptés dans les six mois suivant le plan national, soit une échéance autour de mars 2027 : d'ici là, l'organisation actuelle reste en place dans le département.

Nous ne les recommandons pas. Les pièges non sélectifs capturent beaucoup d'insectes non ciblés, dont des pollinisateurs et des guêpes indigènes, pour un effet très limité sur une colonie déjà établie et forte de près de 2 000 ouvrières. Face à un nid identifié, la destruction ciblée par un professionnel est la réponse efficace.

Sources

· LOI n° 2025-237 du 14 mars 2025 visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole (art. L. 411-9-1 du code de l'environnement) · Décret n° 2025-1377 du 29 décembre 2025, Journal officiel n° 305 du 30 décembre 2025, fiche AIDA / INERIS · Ministère de la Transition écologique, communiqué « Lutte contre le frelon à pattes jaunes : adoption du Plan national », 16 septembre 2026 · Santé-Environnement-Politique, « Le plan national de lutte contre le frelon asiatique officialisé », 16 septembre 2026 · Media24, analyse du plan national, 16 septembre 2026 (axes, niveaux de densité, 3 M€ pour 2026, 100 000 € de coordination) · Banque des Territoires, « Lutte contre la prolifération du frelon asiatique : la procédure d'adoption des plans d'action est fixée » · Muséum national d'histoire naturelle, portail « Frelon asiatique — Biologie » · FRGDS Occitanie, « Que faire en cas d'observation d'un nid de frelon asiatique ? » · lefrelon.com, « Signalements frelons asiatiques — Var, saison 2026 », données au 25 septembre 2026 · lefrelon.com, « Réglementation de la lutte contre le frelon asiatique » (danger sanitaire de 2e catégorie, arrêté du 14 février 2018, consultation publique du 8 au 29 avril 2026) · Var Actu, « Le préfet du Var renforce la lutte contre les espèces exotiques envahissantes », 10 avril 2026.

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