Cafards dans une copropriété : qui doit traiter, et qui paie ?
Dans les immeubles de Toulon, de La Seyne ou d'Hyères, la blatte germanique passe d'un appartement à l'autre par les gaines. La question « qui s'en occupe ? » a pourtant une réponse assez claire, à condition de distinguer parties communes et parties privatives.
Un cafard dans la cuisine, et le voisin du dessous en a vu aussi. Dans les immeubles de la rade de Toulon, ce scénario revient chaque année, avec les mêmes questions : syndic, propriétaire ou locataire ? Et pourquoi traiter un seul appartement déçoit-il si souvent ? Voici ce que disent les textes, et comment nous intervenons en immeuble.
Parties communes : l'affaire du syndicat des copropriétaires
Le syndicat des copropriétaires est propriétaire des parties communes. Selon l'ANIL, il « administre les parties communes et assure la conservation et l'amélioration de l'immeuble ». Son représentant, le syndic, doit administrer l'immeuble et assurer son entretien : c'est l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965, rappelé par service-public.fr.
Escaliers, caves, local poubelles, vide-ordures : si les blattes y sont, c'est au syndic de commander le traitement. La dépense entre dans les charges de copropriété. Un bailleur peut ensuite en récupérer une partie : la liste des charges récupérables (décret n° 87-713 du 26 août 1987) cite, pour les parties communes intérieures, les « produits de désinsectisation et désinfection » et l'entretien des vide-ordures.
Dans l'appartement : propriétaire, bailleur ou locataire ?
Le propriétaire occupant traite son logement à ses frais. En location, le point de départ est la loi du 6 juillet 1989. Son article 6, modifié par l'article 142 de la loi ELAN du 23 novembre 2018, impose au bailleur de remettre un logement décent « exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites ». Service-public.fr cite d'ailleurs les cafards parmi les parasites qui rendent un logement non décent.
Si les cafards sont là à l'entrée dans les lieux, c'est donc au bailleur d'agir. En cours de bail, c'est moins net : l'article 7 de la même loi met à la charge du locataire « l'entretien courant du logement ». Pour les punaises de lit, une réponse ministérielle d'avril 2023 indique que le bailleur supporte les frais de désinfestation (voir punaises de lit en location : qui paie). Pour les cafards, aucun texte n'est aussi précis. Le bon réflexe : prévenir le bailleur par écrit dès les premiers signes.
| Situation | Qui commande le traitement | Qui paie |
|---|---|---|
| Parties communes (escaliers, caves, local poubelles, vide-ordures) | Le syndic | La copropriété, en charges ; pour un logement loué, les produits sont récupérables sur le locataire |
| Logement loué, cafards présents à l'entrée | Le bailleur | Le bailleur (obligation de logement décent) |
| Logement loué, cafards apparus en cours de bail | Le bailleur, prévenu par écrit | Selon l'origine de l'infestation : à discuter avec le bailleur |
Le cadre sanitaire, en deux lignes
Depuis le 1er octobre 2023, le code de la santé publique (art. R. 1331-45, issu du décret n° 2023-695) impose de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour prévenir la prolifération des animaux causes de nuisances dans les locaux d'habitation. Ces règles relevaient jusque-là des règlements sanitaires départementaux.
Pourquoi traiter un seul appartement ne suffit pas
La blatte germanique recherche des endroits « chauds, humides, sombres et cachés », note la ville de Bordeaux. En immeuble collectif, elle circule d'un logement à l'autre « par les gaines techniques ou sous les portes ». Colonnes d'eau, évacuations, gaines électriques, coffrages derrière l'évier, conduit de vide-ordures : pour un insecte de 1 à 1,6 cm, un immeuble est un réseau de couloirs. Nous l'expliquons en détail dans cafards en immeuble : la blatte germanique.
Si un seul logement est traité, les blattes des voisins recolonisent. La ville de Bordeaux recommande donc que le propriétaire ou le syndic organise le traitement de tous les logements et du local poubelles.

Organiser une campagne coordonnée
Signaler par écrit
Le locataire écrit à son bailleur, le copropriétaire au syndic : dates, pièces concernées, photos.
S'appuyer sur le conseil syndical
Le conseil syndical assiste le syndic, donne son avis et contrôle l'exécution des contrats (loi de 1965, art. 21). Il peut demander une campagne collective et vérifier que tous les lots ont été traités.
Prévenir tous les occupants
Affichage dans le hall, créneaux de passage, accès chez les absents. Plus il y a d'appartements traités en même temps, meilleur est le résultat.
Traiter parties communes et logements ensemble
Traiter les appartements sans le local poubelles, le vide-ordures et les caves laisse un réservoir intact.
Contrôler
Pièges de détection, retour si nécessaire, rapport écrit. La page nuisibles en copropriété détaille notre organisation avec les syndics.
Notre protocole, logement par logement
Notre méthode à Toulon, à La Seyne-sur-Mer et dans tout le Var. Le déroulé d'une visite est décrit dans traitement des cafards en appartement.
La détection. Des pièges à glu sous l'évier, derrière le réfrigérateur et près des gaines montrent où se trouve l'activité.
Le traitement combiné. Gel appât en points dans les cachettes, insecticide liquide sur les zones de passage, et poudre dans les recoins où le liquide est impossible. Nos produits sont de dernière génération : vous n'avez pas besoin de quitter votre logement pendant le traitement.
Le nombre de passages dépend de ce que nous trouvons. Si aucun nid n'est constaté dans le logement, c'est-à-dire ni oothèques ni œufs, un passage suffit : la rémanence des produits protège environ trois mois. Si un nid est constaté, nous appliquons un protocole en deux passages espacés d'environ quinze jours, avec garantie. Et si les parties communes de l'immeuble sont infestées, un retour peut être nécessaire.
Le rapport, une pièce utile en copropriété
Le cas constaté (nid ou non) est précisé dans le rapport d'intervention. Transmis au bailleur ou au syndic, il aide à décider d'un traitement des parties communes.
Ce que chaque occupant peut faire dès aujourd'hui
Ces gestes, conseillés par la ville de Bordeaux, réduisent l'attrait du logement.

Dégraissez sous l'évier et derrière le réfrigérateur. Pas de vaisselle sale le soir, poubelle fermée, denrées en boîtes hermétiques. Fermez les siphons la nuit, bouchez les passages de gaines et de tuyaux, supprimez l'humidité. Méfiez-vous des cartons et de l'électroménager d'occasion.
Un seul insecte aperçu ? Lisez un cafard dans l'appartement, est-ce grave. Avant notre passage, suivez les étapes de préparer son logement avant une désinsectisation.
Questions fréquentes
Pour les parties communes, oui : il administre l'immeuble et assure son entretien. Les logements relèvent de chaque occupant, mais le syndic peut coordonner une campagne commune.
S'ils étaient là à votre arrivée, le bailleur doit agir : le logement doit être décent, sans nuisibles. Sinon, tout dépend de l'origine. Prévenez-le par écrit, avec photos.
Non. Nos produits de dernière génération ne l'exigent pas.
Un seul sans nid constaté, deux à environ quinze jours d'intervalle avec un nid. Un retour peut s'ajouter si les parties communes sont infestées.
Informez le syndic et le conseil syndical, qui peuvent organiser une campagne collective. Un logement non traité recolonise ses voisins.
Sources
· Service-public.fr, « Logement décent » : loi du 6 juillet 1989, art. 6
· Service-public.fr, « Charges locatives » : décret n° 87-713 du 26 août 1987
· Service-public.fr, « Syndic de copropriété » : loi du 10 juillet 1965, art. 18
· Service-public.fr, « Conseil syndical » : loi du 10 juillet 1965, art. 21
· ANIL, « Syndicat et conseil syndical » et décret n° 2023-695 du 29 juillet 2023 : code de la santé publique, art. R. 1331-45
· Assemblée nationale, question écrite n° 6123, réponse publiée au JO le 11 avril 2023 : article 142 de la loi ELAN, punaises de lit
· Ville de Bordeaux, « Lutte contre les cafards » : biologie, circulation par les gaines, traitement collectif, prévention
Des cafards dans votre immeuble ?
Rappel sous 30 minutes, 7 j/7. Rade de Toulon : le jour même quand c'est possible. Reste du Var : sous 24 à 48 heures.