Pigeons · Fientes et protection des toits · Toulon, Nice, La Seyne

Fientes de pigeon : le risque réel, le nettoyage, et pourquoi l'hiver est le moment de protéger le toit

Un balcon, un toit-terrasse ou des combles couverts de fientes séchées ne sont pas seulement sales. Les poussières qui s'en dégagent transportent une bactérie qui « conserve son infectiosité pendant des mois ». Voici ce que disent l'INRS et l'Institut Pasteur, la bonne façon de nettoyer, et pourquoi décembre-janvier est la fenêtre pour poser les protections.

Jusqu'à 12 kg de fientes par pigeon et par an Masque P2, jamais de balayage à sec Certibiocide
Antoni Beaudon Gérant et applicateur certifié · Certibiocide Publié le 29 septembre 2026er décembre 2026 · Mis à jour le 1er décembre 2026

Les demandes de dépigeonnage arrivent au printemps, quand les nids sont installés et que les fientes coulent sur les façades. C'est le pire moment pour intervenir. Le bon, c'est maintenant : la LPO note que la nidification du pigeon biset s'interrompt en hiver, les toits sont accessibles, et une protection posée en décembre est en place avant les premières couvées. Mais avant de poser quoi que ce soit, il faut nettoyer, et le nettoyage des fientes est l'étape que nous voyons le plus souvent mal faite.

Verrière vitrée vue de dessous, couverte de fientes de pigeon séchées
Une verrière souillée par les fientes : à l'état sec, quand elles partent en poussière, elles deviennent un risque respiratoire, et elles attaquent les joints et les métaux.

Combien, et pourquoi ça s'accumule si vite

Le pigeon biset des villes est une forme retournée à l'état sauvage d'un oiseau domestique, ce qui lui donne, selon la LPO, un « statut juridique très hétérogène : ce n'est ni une espèce sauvage d'oiseau, ni une espèce totalement domestique ». Il n'est pas protégé, contrairement au goéland dont nous avons détaillé le régime dans goélands sur le toit : ce que la loi permet. Il niche « presque toute l'année, interruption en hiver », avec « 2 œufs par nichée », au moins deux couvées par an, et « des naissances observées en décembre en ville ». En milieu urbain il est « opportuniste », et mange « tout ce qu'il trouve, notamment des déchets ».

Côté fientes, la Ville de Paris donne l'ordre de grandeur : « le volume d'excréments de pigeons, les fientes, peut atteindre jusqu'à 12 kg par an par animal ». Un groupe de dix pigeons installé sur un toit-terrasse de La Seyne ou dans les combles ouverts d'un immeuble du centre de Toulon, c'est donc de l'ordre d'une centaine de kilos par an, au même endroit. « Leur acidité attaque les pierres des bâtiments », et les fientes obstruent chéneaux et descentes d'eau pluviale.

Le nourrissage est interdit

Dans le Var, le règlement sanitaire départemental l'interdit à ses articles 26 et 120. Dans nos interventions en copropriété, un ou deux nourrisseurs réguliers dans la rue suffisent à maintenir une population qui rend toute protection insuffisante. C'est le premier point à régler, par le syndic ou la mairie, avant les travaux.

Le risque sanitaire, tel que le décrivent l'INRS et Pasteur

Le risque le mieux documenté est l'ornithose-psittacose, une infection à Chlamydia psittaci. La fiche EFICATT de l'INRS indique que la bactérie est « détectée chez plus de 460 espèces d'oiseaux », pigeons compris, et que la transmission se fait « le plus souvent par inhalation de poussières infectantes contaminées par des fientes d'oiseaux ». Le point qui concerne directement le nettoyage : la bactérie est « résistante aux basses températures et à la dessiccation » et « peut conserver son infectiosité dans l'environnement pendant des mois ». Une couche de fientes sèche de l'été dernier n'est donc pas inoffensive. L'incubation est de « 5 à 19 jours », et la maladie se présente comme un « syndrome pseudo-grippal le plus souvent avec fièvre (39-40 °C), frissons, céphalées intenses, myalgies, toux sèche ». Elle figure au tableau n° 87 des maladies professionnelles du régime général, et l'INRS cite les couvreurs parmi les professions exposées.

Le second agent est un champignon, Cryptococcus neoformans. L'Institut Pasteur rapporte que « de rares cas ont été rapportés après nettoyages de surfaces très contaminées par des fientes de pigeons », par inhalation, et que « les individus immunodéprimés sont particulièrement vulnérables à des infections graves ». Pour une personne en bonne santé, le risque est faible ; pour un locataire sous traitement immunosuppresseur dont le balcon est couvert de fientes, il ne l'est pas.

Nous le disons comme nous le pensons : le pigeon n'est pas un danger public, et les articles alarmistes desservent le sujet. Mais un grenier ou un balcon couvert de fientes sèches est un chantier de nettoyage qui demande une protection respiratoire, pas un coup de balai.

Nettoyer correctement

La règle unique : ne jamais mettre les fientes sèches en suspension. Les recommandations de prévention du BTP pour les travailleurs exposés aux déjections de pigeons sont notre référence : « protection respiratoire de type P2 », « vêtement à usage unique (combinaison jetable par exemple) », « gants étanches et bottes en caoutchouc », lavage fréquent des mains, et ne pas « manger, boire ou fumer sur le site ».

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Humidifier avant tout

Pulvérisation d'eau additionnée d'un désinfectant sur toute la surface, jusqu'à ce que la croûte soit détrempée. On attend que ce soit imbibé en profondeur. Le balayage à sec et le nettoyeur haute pression sur fientes sèches sont les deux gestes à proscrire : le premier soulève la poussière, le second la projette en aérosol.

2

Décoller et ramasser

Grattoir, pelle, ramassage dans des sacs épais fermés sur place. Les nids, les cadavres et les plumes suivent le même circuit. Un nid de pigeon héberge aussi des parasites de l'oiseau qui peuvent piquer l'homme quand le nid est abandonné : c'est un motif fréquent d'appel pour des « piqûres inexpliquées » dans un appartement sous des combles.

3

Laver, désinfecter, rincer

Lavage à l'eau chaude et détergent, puis désinfection des surfaces, puis rinçage. Sur la pierre attaquée par l'acidité, ce nettoyage révèle souvent des dégâts qu'il faudra traiter à part.

4

Évacuer et se décontaminer

Les sacs partent en déchets, la combinaison jetable est retirée sur place, les bottes et les outils sont lavés. Douche et changement complet à la fin de l'intervention.

Cordiste suspendu sur la façade d'un immeuble à balcons pour une intervention de dépigeonnage
Intervention sur corde en façade d'immeuble : nettoyage des balcons et pose de protections sans nacelle ni échafaudage, idéalement en hiver, avant la reprise des nids.

Pourquoi protéger en hiver, et pas au printemps

Trois raisons pratiques. D'abord la biologie : la LPO décrit une nidification qui s'interrompt en hiver. Un pigeon sans nid ni œufs accepte un déplacement ; un pigeon qui couve revient s'acharner sur la protection, et les jeunes nés sur place reviennent nicher là où ils sont nés. Ensuite le nettoyage : les fientes sont plus faciles à traiter avant les pluies de printemps qui les délayent dans les chéneaux. Enfin le calendrier des copropriétés : une décision votée en assemblée générale d'automne peut être exécutée en janvier, avant la saison.

Dispositif Où il est adapté Ce qu'il faut savoir
Filets Cours intérieures, sous-faces de toiture, balcons, combles ouverts La seule solution étanche pour les grands volumes ; maille adaptée au pigeon, tension et fixations à contrôler
Pics Rebords, corniches, appuis de fenêtre, enseignes Efficaces sur les perchoirs, inutiles sur les zones de nidification abritées
Fils tendus Rebords longs, garde-corps, faîtages Discrets, déstabilisent la pose ; à réserver aux surfaces peu fréquentées
Fermeture des accès Combles, gaines, trous de boulin, ventilations Grillage inoxydable ; c'est souvent la mesure la plus rentable en bâti ancien
Systèmes électriques basse tension Corniches classées, façades à préserver Quasiment invisibles, pose en hauteur par cordistes

Le choix dépend du bâtiment et de la hauteur. Sur les façades hautes du centre de Toulon ou de Nice, nous travaillons sur corde : la méthode est décrite dans techniciens cordistes anti-nuisibles et sur interventions en hauteur. Les pages locales détaillent les cas de figure : dépigeonnage à Toulon et dépigeonnage à Nice.

Qui décide, et qui paie

En copropriété, les façades, toitures, combles et cours sont des parties communes : le nettoyage et la protection relèvent du syndic, sur décision d'assemblée générale ou, en urgence sanitaire, sur ses pouvoirs propres. Un balcon privatif couvert de fientes venant d'un nid en partie commune est un cas fréquent de désaccord ; le règlement sanitaire départemental et le code de la santé publique (art. R. 1331-45) imposent de prévenir la prolifération d'animaux causes de nuisances dans les locaux d'habitation et leurs abords. Le cadre est détaillé dans nuisibles en copropriété : obligations du syndic et du bailleur. Pour un commerce ou un restaurant avec terrasse, la question devient un sujet d'hygiène alimentaire : les fientes sur les tables et la réserve font partie de ce que regarde le contrôle sanitaire.

Questions fréquentes

À l'état sec et en quantité, oui, par inhalation des poussières. L'INRS indique que la bactérie de l'ornithose-psittacose « peut conserver son infectiosité dans l'environnement pendant des mois » et se transmet « le plus souvent par inhalation de poussières infectantes contaminées par des fientes ». L'Institut Pasteur rapporte de rares cryptococcoses après nettoyage de surfaces très contaminées, surtout chez les personnes immunodéprimées. Quelques fientes fraîches sur un rebord ne présentent pas ce risque.

Une petite surface, oui, à condition de mouiller abondamment avant de gratter, de porter un masque P2 et des gants, et de ne jamais balayer à sec ni utiliser un nettoyeur haute pression sur des fientes sèches. Pour des combles, un toit-terrasse ou une couche épaisse, l'équipement et l'évacuation justifient une intervention professionnelle.

L'hiver. La LPO indique que la nidification du pigeon biset s'interrompt en hiver ; les oiseaux n'ont pas de nid à défendre et se déplacent. Une protection posée en décembre ou janvier est en place avant les premières couvées. Au printemps, les pigeons installés reviennent forcer les dispositifs.

Le pigeon biset urbain n'est pas une espèce protégée, mais la régulation relève des communes, pas des particuliers. Pour un immeuble, la méthode efficace et durable est la combinaison nettoyage, fermeture des accès et protections physiques, avec l'arrêt du nourrissage, interdit par le règlement sanitaire du Var.

Sources

· INRS, base EFICATT, fiche « Ornithose-psittacose » : plus de 460 espèces d'oiseaux dont le pigeon, transmission par inhalation de poussières de fientes, résistance à la dessiccation et infectiosité pendant des mois, incubation de 5 à 19 jours, symptômes, tableau n° 87 du régime général, couvreurs parmi les professions exposées · Institut Pasteur, fiche maladie « Cryptococcose » : Cryptococcus neoformans, rares cas après nettoyage de surfaces très contaminées par des fientes de pigeons, contamination par inhalation, vulnérabilité des immunodéprimés · Prévention BTP, « Je suis exposé à des déjections de pigeons : quels sont les risques et comment me protéger ? » : masque P2, combinaison jetable, gants étanches, bottes, hygiène · LPO, fiche espèce « Pigeon biset » : nidification presque toute l'année avec interruption en hiver, 2 œufs par nichée, naissances en décembre en ville, statut juridique hétérogène, régime opportuniste · Ville de Paris, « Pigeons : démêlez le vrai du faux » : jusqu'à 12 kg de fientes par an et par animal, acidité qui attaque la pierre, obstruction des gouttières · Règlement sanitaire départemental du Var, art. 26 et 120 (interdiction du nourrissage) · Code de la santé publique, art. R. 1331-45.

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Certibiocide Var · Alpes-Maritimes · Bouches-du-Rhône Rapport d'intervention écrit
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