Bois de chauffage · Insectes et rongeurs · Var

Bois de chauffage : les insectes et les rongeurs qu'on rentre avec les bûches

Un stère livré en novembre, empilé contre le mur du garage, et quelques semaines plus tard des coléoptères sur le carrelage du salon, une guêpe endormie dans le panier à bûches, ou des crottes derrière le tas. Ce que le bois de chauffage transporte réellement, ce qui peut ou non s'installer dans la maison, et comment le stocker.

Bûches sèches : humidité sous 23 % Ne jamais traiter le bois de chauffage Certibiocide N°070749
Antoni Beaudon Gérant et applicateur certifié · Certibiocide N°070749 Publié le 29 septembre 2026

Décembre est le mois où l'on nous appelle pour « des insectes qui sortent du bois ». Le scénario est presque toujours le même : des bûches rentrées près de la cheminée ou du poêle, et au bout de quelques jours au chaud, des insectes qui se réveillent et marchent sur le sol. La question qui inquiète est légitime : vont-ils attaquer la charpente ou les meubles ? La réponse, appuyée sur les services d'entomologie universitaires, est presque toujours non. Mais le tas de bois pose d'autres problèmes, plus sérieux, et ceux-là se règlent par le stockage.

Tas de bûches de chêne empilé directement contre le mur crépi d'une villa du Var, sous une bâche plastique partiellement soulevée, écorce décollée visible sur plusieurs bûches, lumière d'hiver
Tout ce qu'il ne faut pas faire : bois au contact du mur, posé au sol, sous une bâche plastique qui retient la condensation. Un abri sec, sombre et nourri, à un mètre de la porte de service.

Ce qui sort d'une bûche au chaud

Le service d'entomologie de l'université du Kentucky distingue deux catégories d'insectes dans le bois de chauffage. D'abord ceux qui vivent dans le bois : les larves de coléoptères, « longicornes, buprestes et lyctus », qui se développent sous l'écorce ou dans l'aubier des arbres abattus. Ensuite ceux qui s'y abritent pour l'hiver : « de nombreux types de coléoptères, des blattes des bois, et même des reines de guêpes ou de frelons en hivernage », auxquels s'ajoutent « des cocons d'araignées, des oothèques de mantes religieuses et des cocons de papillons ». Le mécanisme est simple : « ces créatures deviennent actives après s'être réchauffées à l'intérieur ». Une bûche à 6 °C dans le garage est en pause ; la même bûche à 21 °C près du poêle réveille tout ce qu'elle contient.

Dans le Var, le bois livré est le plus souvent du chêne vert ou du chêne pubescent, parfois du pin d'Alep pour l'allumage, et une part de bois de récupération d'élagage. Le chêne coupé récemment, avec son écorce, héberge des larves de longicornes des feuillus et de petits scolytes de l'écorce. Le pin frais, des scolytes et des longicornes des résineux. Aucun de ces insectes n'a d'intérêt pour un bois de charpente sec.

La phrase à retenir

« Le potentiel de ces insectes à infester le bois de structure de la maison est très faible », écrit l'université du Kentucky, parce que « l'humidité du bois doit généralement être bien supérieure à celle du bois de structure d'une maison ». Les insectes du bois de chauffage sont des insectes de bois frais, humide, souvent avec écorce. Une panne de charpente à 12 % d'humidité, sans écorce, n'est pas un milieu pour eux.

Le cas à part : les insectes du bois sec

Il existe des insectes qui, eux, s'attaquent au bois d'œuvre sec : le capricorne des maisons dans les résineux, les vrillettes dans les feuillus et les meubles, le lyctus dans l'aubier des feuillus. La question est donc : une bûche peut-elle en apporter ? En théorie, un vieux bois de charpente débité en bûches, une poutre de démolition ou un meuble découpé pour le feu peuvent contenir des larves de vrillettes ou de capricorne. C'est le seul cas où le bois de chauffage présente un risque réel pour la maison, et il ne concerne pas le bois de forêt. Si vous brûlez du bois de récupération, brûlez-le vite, ne le stockez pas dans les combles ni contre une charpente en résineux, et regardez les trous de sortie : ronds de 1 à 4 mm pour les vrillettes, ovales de 6 à 10 mm pour le capricorne.

La distinction entre ces insectes, et surtout le moyen de savoir si une attaque est encore active, font l'objet de notre dossier consacré aux insectes du bois, publié fin octobre ; les traitements du bois sont présentés sur la page désinsectisation. Si le bruit vient des combles et non d'une poutre, lisez d'abord loirs et lérots dans les combles. Dans le doute sur une poutre, le test est simple : une sciure fraîche et claire au pied du bois signale une activité en cours ; une sciure grise et tassée, une attaque ancienne.

Le vrai problème du tas de bois : les rongeurs et les guêpes

Ce que nous trouvons le plus souvent derrière un tas de bois, ce ne sont pas des insectes du bois. Ce sont des souris, des rats noirs, des loirs, et au printemps des nids de guêpes. Un tas de bois posé au sol contre un mur offre exactement ce qu'un rongeur cherche en novembre : un abri sec, sombre, protégé du vent, à quelques centimètres d'un mur qui a toujours une fissure ou un passage de gaine. Les CDC recommandent de stocker le bois « à 30 mètres ou plus » de la maison et de « le surélever d'au moins 30 cm ». L'université du Kentucky : « évitez d'empiler le bois directement sur le sol » et « n'empilez pas le bois de chauffage dans ou contre la maison ou d'autres bâtiments pendant de longues périodes ».

Peu de jardins varois permettent trente mètres. Ce qui est toujours possible : un râtelier métallique ou des palettes qui surélèvent le bois, un espace de circulation entre le tas et le mur, un toit et non une bâche, et un tas qu'on démonte et remonte une fois dans l'hiver, ce qui suffit à déloger ce qui s'y est installé. Les points d'entrée à contrôler sur le mur voisin sont ceux que nous décrivons dans pourquoi les rats et les souris envahissent votre maison.

Râtelier métallique à bois de chauffage installé à l'écart d'une maison en pierre, bûches surélevées du sol sous un petit toit en tôle, oliviers en arrière-plan
Un stockage qui protège la maison autant que le bois : surélevé, ventilé, couvert par un toit et non une bâche, séparé du mur. Le bois sèche mieux et n'abrite plus de rongeurs.

Stocker pour sécher, stocker pour ne pas héberger

Les deux objectifs se rejoignent. La DGCCRF rappelle que pour les bûches « le taux d'humidité doit être inférieur à 23 % », que le séchage naturel demande « 2 ans à l'abri dans un endroit bien ventilé », variable selon l'essence, « 2 ans pour le chêne ou 1 an pour le charme », et que le bois ne doit pas être stocké « sous une bâche en plastique qui favorise la condensation ». Depuis le décret n° 2022-446 du 30 mars 2022, le distributeur doit indiquer l'essence, la longueur, le taux d'humidité avec la mention « prêt à l'emploi » ou « à sécher avant l'emploi », et le temps de séchage optimal. Un bois sec, ventilé, sans écorce décollée, héberge moins d'insectes de bois frais et se comporte mieux au feu.

Règle Pour le séchage Pour les nuisibles
Surélever de 30 cm Coupe les remontées d'humidité du sol Supprime l'abri au sol pour rats, souris et cloportes
Décoller du mur Ventilation sur toutes les faces Plus de passage direct du tas vers une fissure du mur
Toit plutôt que bâche Pas de condensation, selon la DGCCRF Pas de poche d'eau pour les moustiques l'été, pas d'abri chaud sous plastique
Rentrer peu à la fois Le bois ne « re-humidifie » pas dans la maison « De petites quantités qui seront utilisées en un jour environ », selon l'université du Kentucky
Ne jamais traiter Sans objet « Ne traitez pas le bois de chauffage avec des insecticides. C'est inutile et potentiellement dangereux en raison des fumées » à la combustion

Le dernier point est celui sur lequel nous sommes le plus fermes. On nous demande parfois de « traiter le tas de bois » : nous refusons. Un insecticide sur une bûche finit dans le foyer et dans l'air de la pièce. Ce qui se traite, c'est le mur, le garage, les accès, jamais le combustible.

La reine de frelon dans le panier à bûches

Chaque hiver, quelques appels concernent « un frelon dans la maison en décembre ». C'est presque toujours une fondatrice en diapause qui s'était glissée sous une écorce ou dans une fente de bûche, réveillée par la chaleur du salon. Elle est engourdie, peu agressive, et ne fonde pas de nid en décembre. On la capture sous un verre et on la sort, ou on la laisse mourir de froid dehors. Le nid éventuel viendra au printemps, dans un abri de jardin ou sous une toiture : la prévention est décrite dans prévention guêpes et frelons, et la reconnaissance des espèces dans frelon asiatique dans le Var.

Questions fréquentes

Presque jamais. Les insectes du bois de chauffage vivent dans du bois frais et humide, souvent sous l'écorce. L'université du Kentucky juge « très faible » le risque d'infestation du bois de structure, dont l'humidité est bien inférieure. La seule exception est le bois de récupération issu de charpentes ou de meubles anciens, qui peut contenir des vrillettes ou du capricorne.

Non. « C'est inutile et potentiellement dangereux en raison des fumées qui peuvent être produites quand les insecticides brûlent », écrit l'université du Kentucky. Le bois se gère par le stockage : surélevé, décollé du mur, couvert d'un toit, rentré en petites quantités.

Le plus loin possible, surélevé d'au moins 30 cm, jamais au contact d'un mur. Les CDC recommandent 30 mètres, rarement possible en ville ; l'essentiel est de supprimer le contact tas-mur et le contact tas-sol, et de ne pas laisser le tas immobile tout l'hiver. Un abri couvert et ventilé sèche le bois et n'héberge pas de rongeurs.

Non. C'est presque toujours une fondatrice en hivernage, rentrée avec le bois ou par un volet, réveillée par la chaleur. Elle est engourdie et ne construit rien en hiver. On la capture sous un verre et on la sort. Le nid, s'il y en a un, se formera au printemps ailleurs.

Sources

· University of Kentucky, département d'entomologie, ENTFACT-626 « Firewood Insects » : deux catégories d'insectes (habitants du bois et abrités pour l'hiver), reines de guêpes et frelons en hivernage, réveil à la chaleur, risque très faible pour le bois de structure en raison de l'humidité, stockage surélevé et éloigné des bâtiments, petites quantités rentrées, interdiction de traiter le bois de chauffage · CDC, « How to Seal Up to Prevent Rodents » : bois à 30 mètres ou plus de la maison et surélevé d'au moins 30 cm · DGCCRF (economie.gouv.fr), « Bois de chauffage : se chauffer en étant bien informé » : humidité des bûches inférieure à 23 %, séchage de 2 ans à l'abri et ventilé, 2 ans pour le chêne et 1 an pour le charme, pas de bâche plastique, mentions obligatoires du décret n° 2022-446 du 30 mars 2022 · IGN, « La forêt dans votre région 2017-2021 » : essences dominantes en PACA (chêne pubescent, pin sylvestre, pin d'Alep).

Des rongeurs ou des insectes autour du tas de bois ?

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Certibiocide N°070749 Var · Alpes-Maritimes · Bouches-du-Rhône Rapport d'intervention écrit
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